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Tract de rentrée "Aux capitalistes de payer ! Nous ne paierons pas leur crise !"

publié le jeudi 3 novembre 2011 par Comité Université de Créteil

Thématique : Crise    

Affolement de la Bourse, menace de défaut de paiement de la dette grecque, augmentation du chômage, récession… Tout montre que la crise commencée en 2008 se poursuit et s’aggrave. Et force est de constater l’impuissance des politiciens capitalistes à l’enrayer. Pour la masse des populations des pays concernés – dont la France -, les effets risquent d’être désastreux : chômage de masse, remise en cause généralisée de la protection sociale, baisse de salaires...

La crise, produit des politiques capitalistes

Grèce, Espagne, Italie... la crise capitaliste continue à se propager. Comble de cynisme, la récente dégradation de la note souveraine de l’Italie a été justifiée par le « manque de motivation » de Berlusconi à s’en prendre aux acquis des travailleurs de ce pays. Dans l’Union Européenne, la crise a été a été nourrie par l ’endettement public. Mais d’où vient cet endettement, négligeable dans les années 70 ? Des politiques « néo-libérales » mises en œuvre depuis les années 80 - elles consistaient essentiellement à « restaurer les marges des entreprises », en clair faire remonter les profits capitalistes, au détriment de la grande majorité de la population ! Et depuis 2008, une politique de « recapitalisation des banques » a été appliquée – autrement dit elles sont refinancées grâce à des fonds publics. Résultat : l’endettement a fait un nouveau bond et les travailleurs sont invités à se serrer la ceinture. Il n’est pas acceptable que les capitalistes, la finance puissent tenir la société en otage. Le NPA revendique l’expropriation du système bancaire et financier, sous le contrôle des travailleurs du secteur. C’est la condition pour que cesse le scandale actuel, les profits indécents de quelques-uns, au dépens de toute la société.

Plan Fillon : accentuation de la politique anti-sociale

En France, soit-disant pour éviter le sort de l’Italie, François Fillon a annoncé les premières mesures d’un nouveau plan d’austérité visant à diminuer les dépenses de l’État. Ce plan n’est qu’un avant goût de ce qu’il y aura besoin pour le futur ; le pire est pour après la présidentielle de 2012. En tout cas, il est d’ores et déjà prévu de ponctionner les mutuelles, de s’en prendre un peu plus à la Sécu, etc. Par ailleurs, la RGPP serait « durcie », ce qui accentuerait encore le délabrement des principaux services publics, dont ceux de l’enseignement. Par contre, les mesures visant les plus riches sont dérisoires, n’effacent même pas les cadeaux fiscaux accordés aux riches par Sarkozy auparavant (réforme fiscale). Au point que les économistes affirment que 2011 restera une excellente année pour les riches... Ce n’est donc que justice d’exiger le retrait de ce nouveau plan anti-social. Pourtant, les directions syndicales se gardent bien d’exiger un tel retrait. A l’inverse, elles demandent de « peser sur les choix » du gouvernement, bref d’être associées à la politique anti-sociale.

Contre l’austérité ! Contre le paiement la dette !

La dette publique est illégitime. Ce n’est pas aux travailleurs de pays pour un système qui les a appauvri au fil des années. Il ne saurait être question pour nous d’accepter de voir les salariés encore ponctionnés au profit des banquiers. Pourtant les grands partis de gauche reconnaissent tous la légitimité de la Dette. Ainsi, tous les candidats à la primaire socialiste (Aubry, Hollande...) annoncent-ils leur intention de mener une politique de rigueur dite « de gauche » (on connait la chanson). JL Mélenchon a quant à lui un ton plus radical. Il n’en demeure pas moins qu’il se garde bien de se prononcer pour le non paiement de la Dette.... Face à une telle situation, une autre voix à gauche doit s’exprimer, qui dénonce l’illégitimité de la Dette, et refuse le paiement de celle-ci. Il faut une force qui mette le capitalisme en accusation, qui dénonce sans atermoiement la politique de destruction sociale, fut-elle prétendument « de gauche » comme en Grèce ou en Espagne. Il faut un candidat à la présidentielle qui défende l’objectif de l’expropriation – sans indemnité – des banques et du capital financier, qui défende les revendications populaires. Bref, il faut un candidat anti-capitaliste. Ce sont ces raisons qui ont motivé le NPA à présenter la candidature de Ph. Poutou pour l’élection présidentielle qui vient.


Plan licence : un diplôme encore plus dégradé...

Le 17.XII.2010, V. Pécresse annonçait le lancement d’une deuxième étape du plan « réussite en Licence », censé lui donner « un second souffle ». Avec la promulgation de l’arrêté Wauquiez, ce plan entre désormais en application.

Secondarisation des enseignements

Dès 2008, l’objectif affirmé de V. Pécresse dès 2008 était de de faire de la Licence « un diplôme préparant à l’emploi et à la poursuite d’étude », en clair d’aboutir à une filière étroitement professionnalisée, alignée sur les exigences patronales. La référence à « la préparation à l’emploi », notamment, signifiait que l’objectif est d’interdire à la masse des étudiants de poursuivre leurs études au-delà la licence. Ce sont ces grandes orientations qu’on retrouve dans l’arrêté Wauquiez. Au nom de « la rénovation de la formation », on transformerait en profondeur les enseignements de licence en les secondarisant. Il s’agit en particulier de « relativiser » la transmission de « connaissances » générales (Histoire en L1 d’Histoire, etc.) au profit de l’acquisition de « compétences » (langue, informatique...) exigées par les patrons. Cet arrêté supprime aussi toute définition nationale des formations et rend encore plus malaisée l’élaboration d’une carte nationale des formations, d’une répartition équilibrée sur tout le territoire. Il élargit les possibilités de recrutement sélectif et de parcours « d’excellence », et fragilise ainsi les poursuites d’étude en master. La généralisation du contrôle continu aboutit à couper encore plus les filières de licence de leur origine universitaire, les « secondariser » encore plus. C’est aussi une mesure dramatique pour la masse d’étudiants qui travaillent pour suivre leurs études. Quant à la multiplication des stages, le renforcement de la présence patronale dans les structures universitaires (jurys), elles ne font que renforcer une tendance visant à rompre avec la tradition universitaire de l’Enseignement Supérieur, au profit d’un système étroitement utilitariste, centré sur les exigences des patrons... On pourrait en ajouter, mais qui doute, de la part de Sarkozy et de son gouvernement, que l’arrêté Wauquiez est une nouvelle attaque ? En fait, il est tout entier tourné contre le droit aux études, vers la dévalorisation de l’Enseignement Supérieur. Pourtant, alors que les syndicats enseignants le dénoncent quasiment tous, foce est de constater que la direction de l’UNEF soutient ce projet dans lequel elle voit de « bonnes intentions »... retrait de l’arrêté Wauquiez.

Défendre l’Enseignement Supérieur

Ce sont donc ces orientations qui risquent d’entrer désormais en application - ça n’a rien d’anodin. En fait, le plan licence est un élément de plus dans la voie de la dénaturation de l’Enseignement Supérieur. Désormais, les divers conseils universitaires vont avoir pour tâche de mettre en œuvre ces orientations, Université par Université, UFR par UFR. Les militants du NPA se fixent pour objectif d’être en première ligne de l’action pour entraver cette nouvelle vague d’attaques. Ils multiplieront les actions pour le retrait de l’arrêté et appellent les étudiants à s’associer à cette activité, dans les mobilisations qui s’annoncent.


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